Protection des phoques

Petit journal de la surveillance estivale 2013

Publié le 27 août 2013 par Laëtitia DUPUIS

La surveillance estivale des phoques de la Baie de Somme et de la Baie d’Authie est mise en place par Picardie Nature depuis le 8 juin : les écovolontaires (bénévoles) vous parlent de leur expérience...

Samedi 28 août
Pauline, nous parle de son expérience au centre de soins : "Cela fait une semaine que je suis arrivée au centre de sauvegarde. Le logement des
écovolontaires est juste à côté des bassins, je ne pouvais pas espérer mieux ! Après des débuts plutôt tranquilles, deux bébés phoques échoués ont été recueillis par le centre. On voit que l’équipe des soigneuses est bien rodée : les consignes sont claires et précises, le ton est calme et assuré. On se relaie avec la deuxième écovolontaire pour aider la soigneuse à
intuber les petits toutes les trois heures afin de leur administrer du réhydratant. Ils passent ensuite à de la bouillie de poissons toutes les quatre heures. Des moments riches en émotions et en découvertes se succèdent, c’est formidable de pouvoir apprendre tant de choses en si peu de temps !
Une sortie en bateau me permet d’admirer la colonie de phoques dans leur milieu naturel, cela restera un super souvenir. La bonne ambiance et les paysages magnifiques me font même oublier que la rentrée approche et que les vacances sont bientôt terminées."

Samedi 17 août
Lola , 21 ans , originaire d’Aix en Provence : "Je suis étudiante en licence Sciences de la Nature de la Terre et de l’Environnement ( SNTE).
J’ai voulu faire du volontariat ou encore un stage avec une association ou un organisme afin de voir réellement ce que ça fait d’être sur le terrain ; avec Picardie Nature je n’en suis pas déçue.
Mais commençons par le commencement : je n’ai jamais fait de mission d’écovolontariat avant Picardie Nature, ainsi la vie à 16 était assez angoissante, mais on s’y habitue et tout coule de source. Puis vint le jour de notre arrivée , nous avons eu une formation qui regroupe beaucoup d’informations que l’on doit appliquer selon l’équipe dans laquelle on se trouve l’après-midi même.
Il y a 6 lieux où l’on doit faire des comptages toutes les 30 minutes et quelques fois faire des interventions afin d’éviter les dérangements des phoques, et un lieu qu’on appelle le point d’observation qui consiste à sensibiliser le public et à leur montrer les phoques présents en Baie de Somme.
Tous les terrains que j’ai fait , que ce soit avec des nouveaux écovolontaires ou des anciens, se sont très bien passés, quelque soit l’heure de la marrée et les conditions météorologiques.
En effet , c’est sur le terrain qu’on apprend à connaître un peu plus les autres : leurs études , leurs missions antérieures etc. Et on se rend compte qu’on est entouré de personnes aussi bien intéressées par la protection de l’environnement que par le comportement des animaux.
Une fois le terrain fini, on fait le point sur la journée, puis on fait le repas tous ensemble ainsi que la vaisselle toujours accompagnée par des fou rires ou encore des anecdotes puis on va visiter les alentours tous ensemble.
Le moment le plus frustrant est alors les départs des personnes que vous avez côtoyé durant votre séjour. Le fait de vivre en communauté créé des liens assez importants entre chacun d’entre nous.
Mon départ est dans quelques semaines, mais je m’interdis d’y penser et je profite de chaque instant au côté de cette nature et des moments à passer avec les écovolontaires.
Ainsi Picardie Nature m’a donné envie de faire d’autres missions d’écovolontariat aussi bien en France qu’à l’étranger.

Samedi 17 août
Fanny, 23 ans, originaire de Lausanne (Suisse) : « Voilà deux semaines que je suis arrivée à Picardie Nature et je n’ai pas encore eu une minute à moi. En effet, on commence par recevoir une formation afin d’être opérationnel sur le terrain. Ensuite, on continue directement par la pratique en continuant à se former auprès des « anciens » écovolontaires afin de comprendre les caprices de la Baie de Somme et les habitudes des phoques. On relève donc l’heure de la marée basse et, à partir de là, on tente de dénombrer, toutes les trente minutes, les phoques que l’on peut apercevoir sur les différents reposoirs que notre emplacement nous permet d’observer. Ainsi, même si la météo est parfois capricieuse (vent, froid, brume), être au cœur de la Baie de Somme, aussi majestueuse que dangereuse, nous donne un sentiment d’immensité infinie. On se sent seul au monde (enfin presque, il y a toujours les phoques), surtout à six heures du matin ! C’est un véritable espace de liberté. Cependant, nous ne sommes pas là pour contempler la splendeur de ce paysage : notre mission consiste à éviter que des activités anthropiques ne viennent déranger les phoques se reposant sur les bancs de sable de l’estran. Néanmoins, le défi n’est pas toujours facile à relever, mais la plupart du temps, nous parvenons à sensibiliser les gens, au moyen de nos connaissances acquises et transmises par les responsables de la mission et les autres écovolontaires, sur l’importance de ces temps de repos si indispensables à la vie de ces chers pinnipèdes. De plus, nous n’observons pas toujours les phoques sur le sable fin de la Baie de Somme, nous formons également, si la météo le permet, une équipe maritime qui sillonne le chenal afin d’assurer une protection optimale des phoques. C’est alors que nous embarquons sur notre chère « Pépète », le zodiac rouge de Picardie Nature, et partons pour environ huit heures à la rencontre des animaux. Ensuite, après le terrain, vient la vie au gîte où nous préparons le repas tous ensembles en se racontant les péripéties de la journée. Ainsi, participer à la surveillance estivale des phoques en Baie de Somme est bien plus qu’une mission, c’est avant tout une aventure humaine, un moment de partage, de rire, et surtout un apprentissage de la vie où nous apprenons à connaître l’Autre tout en se découvrant soi-même, et où nous prenons conscience de l’enjeu que représente la protection des merveilles de la nature. »

Samedi 10 août
Julie, 19 ans, originaire de Boulogne-sur-mer : "Cela fait maintenant un an que j’ai découvert Picardie Nature et la colonie de phoques de la Baie de Somme. Un an déjà... Le temps m’a paru très long avant de revenir au gîte, mais j’ai malgré tout l’impression de n’avoir jamais quitté cette véritable aventure humaine qu’est l’écovolontariat à picnat. A nouveau, je participe sur le terrain à la protection et au suivi de la population de phoques veaux-marins et de phoques gris, notamment grâce à des comptages réguliers et à des interventions vis-à-vis des gens susceptibles d’aller déranger les phoques sur leurs reposoirs.
Au point d’observation, on sensibilise les personnes à la présence des phoques en Baie, en apportant des informations sur leur biologie, leur historique en Baie, leur importance, etc.
Ces différents terrains se font dans un cadre magnifique. Les paysages de la Baie de Somme sont vraiment exceptionnels, changeants à chaque instant en fonction de la luminosité, au gré des marées et du vent,...
On retrouve vite l’habitude de vivre au rythme des marées basses, et la vie au gîte est toujours aussi conviviale. Repas à seize, soirées jeux et musique, on a toujours quelque chose à apprendre des autres écovolontaires ou quelques anecdotes à leur raconter.
La vie au gîte avec tous ces « ptits loups » (qui partagent plus ou moins les mêmes centres d’intérêt que nous, et qui viennent de pleins d’horizons, de régions et même de pays différents), les phoques et les terrains, le tout dans un cadre vraiment magnifique font de l’écovolontariat à picnat une aventure unique !!

Samedi 10 août
Muriel, 42 ans, originaire de la Somme et habitante en Meurthe et Moselle : " S’il est un équipier avec lequel tous les écovolontaires souhaitent passer la journée, c’est bien « Pépette » ! De son vrai nom « Halichoerus », le bateau pneumatique de l’association permet à l’équipe maritime de se déployer dans l’estuaire … à marée basse. C’est un peu le défi ici : partir avec le jusant et revenir avec le flot et entre les deux, naviguer entre les bancs de sable ou s’échouer quand la marée est au plus bas (imitant ainsi les Pinnipèdes que nous sommes chargés de suivre) : c’est selon la mission du jour. La navigation en eaux troubles est la spécialité de Pépette !
Protection et/ou photo-identification ? Cela dépend, de la météo, de l’état de la mer, de l’heure de marée basse, du jour de la semaine, de la fréquentation de la baie … chaque jour change …
C’est aussi le cas du chenal de la Somme qui se déplace selon le bon vouloir du fleuve et des mouvements du fond sablonneux de l’estuaire avec les marées. Se fier aux bouées peut amener Pépette à s’échouer sur un haut-fond : les « matelots », suivant les ordres de leur capitaine ont alors le devoir de se jeter à l’eau (au sens propre !). « Poussez ! », « Tirez ! » et hop ! Pépette peut alors reprendre l’eau, son équipage … et repart vers le fond de baie.
Comptage des phoques des deux espèces, repérage des couples « mère-petit », sexe et age ratio, repérage des phoques marqués, autant de données à recueillir en profitant de la proximité qu’offrent la navigation, à marée montante près des animaux ou le stationnement sur les bancs de sable près du chenal. Les six premières heures studieuses sont alors récompensées par les deux heures suivantes consacrées à la photo-identification : profitant du flot, Pépette se permet d’effleurer les bancs de sable où les phoques profitent des dernières minutes hors de l’eau avant la submersion de leur reposoir.
Le retour au rythme du flot berce les « moussaillons » qui ne tardent pas à s’endormir au milieu des sacs et gilets de sauvetage, laissant le capitaine seul aux commandes … A l’arrivée au Cap Hornu, il faudra encore remonter le bateau sur sa remorque, puis de retour au gîte lui faire une petite toilette, refaire le plein … Pépette est toujours d’astreinte …
Mais Chut ! Passage de la BIF : avant l’arrivée, encore 20 minutes d’un repos bien mérité pour les marins du jour ...

Samedi 3 août 2013 :
Alberto, 24 ans, Espagnol : "La baie de Somme avec Picardie Nature, je ne peux pas demander plus ! Découvrir le littoral picard avec cette association c’est le mieux que j’ai pu faire. Au début, j’avais pensé que rester ici pour un mois et demi serait dur ; mais maintenant, à trois semaines de mon arrivée, j’aimerais être dans le gîte des écovolontaires pour encore longtemps (même si je ne comprends pas toutes les blagues car je suis Espagnol). La vie avec les autres écovolontaires se déroule très bien, on mange pas très varié mais ça fait affleurer l’ingéniosité des personnes. En plus, les gâteaux sentent trop bons.
Les soirées sont très amusantes, avec la guitare, un film ou les jeux de société.
Sur le terrain, on est au moins deux personnes toujours et chaque jour avec un copain différent, donc c’est pas ennuyant car on en profite pour mieux se connaître. Il y a beaucoup d’anecdotes que je pourrais raconter, mais je peux en citer une pour laquelle je suis fier d’être avec Pic-Nat. Il s’agit d’une dame qui, après avoir vu les phoques à travers la longue-vue que je lui proposais, m’a dit enthousiasmée que c’était la première fois qu’elle voyait un phoque dans sa vie !
En conclusion, je recommande à tout le monde de venir aider cette association qui réalise un travail très important avec les phoques. Parce qu’en fait, ils existent dans la baie, on essaie de les protéger et ils sont mignons ! De plus, les paysages sont très beaux, les villages alentours sont très sympas et on peut profiter d’une bonne glace dès la sortie du terrain par la présence de la gentille marchande !"

Samedi 3 août 2013 :
Maud, 19 ans : "Etant originaire de la Somme et étudiante en BTS GPN, cela me tenait à coeur de protéger l’écosystème de ma région et de sensibiliser le public à l’environnement. Picardie Nature m’a permis de marier les deux à la fois.
Ces 2 semaines d’écovolontariat ont été pour moi une première expérience en terme d’étude et de protection d’espèce protégée. Elles m’ont permis de prendre de l’assurance sur le terrain et d’avoir une meilleure approche avec le public.
Les interventions sur différents sites de surveillance ont été l’occasion de découvrir la baie sous toutes ses coutures et de voir sa richesse faunistique et floristique.
J’ai également eu la chance de participer à l’intervention sur un échouage de marsouin commun mort et de voir le protocole utilisé par les "cartes vertes" dans ce cas.
L’écovolontariat est aussi une expérience humaine riche : rencontre avec de nouvelles personnes de France et d’ailleurs, vivre en collectivité, partager ses connaissances et en recevoir en retour... L’ambiance a été conviviale et chaleureuse.
Que de bons souvenirs ! j’espère revenir une prochaine fois ... "

Samedi 27 juillet 2013 :
Anne, 19 ans, vient de Brest et a découvert la surveillance estivale cette année : "Le retour en baie, enfin ! Après avoir passé 2 semaines en écovolontariat fin juin, je fus rappelée 1 semaine après mon retour chez moi suite à un désistement. A peine le temps de refaire ma valise et me voilà repartie pour la baie de Somme ! Après le temps assez froid de juin, j’ai failli ne pas reconnaître la baie. Du beau temps pendant 2 semaines et des températures grimpant jusqu’à 32°C. Malgré les coups de soleil, les terrains sont nettement plus agréables ! Sur le terrain, entre les comptages, on apprend à se connaître et on rigole bien. Une fois le terrain fini, nous profitons de notre temps libre pour visiter les alentours tous ensemble. Chaque personne au gîte partage ses connaissances et son expérience. Je retrouvais également le gîte et l’ambiance toujours aussi sympa qu’en juin. Entre le jeu des loups-garou le soir, les chansons sur les phoques et les fous rires de 15 minutes pendant la vaisselle, on ne s’ennuie jamais ! Tout se fait dans la bonne humeur, les recettes se partagent après les dégustations de desserts et les anectodes circulent constamment. Le pire moment du séjour est le jour du départ. On a toujours l’impression de ne pas être restés assez longtemps. Avec ces journées bien remplies et riches en émotions, on ne se pose qu’une question : quand va-t-on revenir ?"

Samedi 27 juillet 2013 :
Yann, 19 ans originaire de Dunkerque a passé quelques jours comme aide-soigneur au centre de sauvegarde de la faune sauvage de Picardie Nature pour soigner les phoques.

" Été 2013, ça y’est, cela fait tout juste un an que j’ai découvert l’écovolontariat à Pic Nat. C’est reparti pour un été en baie de Somme : compter les phoques, informer le public, rencontrer de nouveaux "p’tits loups" (ou écovolontaires) ! Mais cette année, je vais aider au centre de sauvegarde, en semaine de rush ! Déjà huit échouages de jeunes prématurément séparés de leur mère ont eu lieu, et la tâche est grande ! Arrivé le 6 juillet, je me mets directement dans le bain. Les soigneuses Alicia, Clémentine et Julie m’apprennent très vite les tâches pour préparer les bouillies, indispensables aux petits phoques qui n’ont pas encore mangé de poissons, pour les intuber pour les nourrir, pour leur apporter des soins ou pour entretenir les boxes de quarantaines.
Que d’évolution durant cette semaine ! Les jeunes phoques sont passés de la bouillie au gavage de poissons entiers, certains essaient de se nourrir seuls, et ils deviennent bien boulottes.
Et que dire des bons moments passés au centre : les blagues du matin, les erreurs fortuites aussitôt réparées... mais aussi des moments moins évidents comme lorsque les phoques sont réticents aux soins.
Bref, qu’il est bon d’en apprendre autant au cours d’une semaine ! Maintenant, retour à la surveillance pour observer les jeunes avec leur mère en milieu naturel, tout en attendant le relâcher qui marquera l’aboutissement du travail de tous. "A très vite dans votre milieu naturel Rubis, Topaze, Grenat, Ambre et les autres !""

Samedi 19 juillet 2013 :
Gaëlle, 25 ans provenant de Lille : "C’est le jour du grand départ. Petite appréhension en ce qui concerne la vie à seize. Arrivée au gîte, nous sommes tous accueillis dans une ambiance chaleureuse autour d’un barbecue. Très vite, chacun trouve sa place et nous découvrons les sept sites d’observations possibles de cette mission d’écovolontariat. Bien sûr, au début, le comptage n’est pas évident, les phoques ressemblant à des « rochers ». Mais très vite, entourée d’anciens et avec un binôme différent à chaque fois, les journées défilent avec toujours de très belles rencontres, et parfois de la chance, comme l’observation d’une mise-bas de phoques veaux marins à la longue vue. La journée en bateau nous permet aussi de pouvoir observer de plus près les comportements, les différences morphologiques entre les deux espèces ; et assimiler plus facilement toutes les informations du premier jour de formation. Les terrains ne sont pas toujours faciles, le vent, les horaires de marées qui changent, mais avec les binômes, tous mes terrains ont été de très bons moments. Le contact avec les personnes qui venaient à notre rencontre me paraissait compliqué. Mais toujours aidé et à fortiori, la confiance s’installe et la prévention et la sensibilisation devient valorisant. En dehors de la mission, les activités ne manquent pas. Le parc du Marquenterre, le baguage d’oiseaux, pique-nique aux falaises d’Ault ou sur la plage de Fort-Mahon, nous trouvons toujours la motivation de faire des choses ensembles malgré la fatigue. Les soirées se déroulent également toujours dans la bonne humeur, entre jeu de gages et fous rires à gogo, c’est un bon séjour pour se ressourcer. Bref l’écovolontariat surveillance estivale de Picardie nature, « c’est com’ din ch’Nord : Tu pleures une foué qu’t’arrives et une foué qu’tu r’pars ! »"

Samedi 19 juillet 2013 :
Céline, 26 ans, originaire de région parisienne : "Déjà 2 semaines que je suis écovolontaire, et le départ approche. Comme tous ceux qui quittent le gîte, le temps est passé trop vite, et l’on regrette de ne pas pouvoir rester quelques semaines de plus !
A Pic Nat’, l’aventure est quotidienne. Chaque matin, la même effervescence s’empare du groupe, il faut préparer le matériel selon son équipe (longue vue, VHF, jumelles, etc.,), noter les horaires, préparer les sandwichs et rejoindre le parking adéquat. Une fois en baie, nous posons les longues vues, et, selon notre position, nous comptons les phoques toutes les demi-heures, tout en privilégiant la protection. L’objectif premier est en effet de limiter au maximum les dérangements, c’est à dire le retour précipité des phoques à l’eau, et ainsi d’éviter la séparation des mères phoques veaux marins de leurs petits. Nous demandons donc aux personnes s’approchant du chenal de rester éloignées des animaux, parfois en courant pour les rattraper.
Au « point d’obs », en revanche, les comptages ne font pas partie de la mission, il s’agit de sensibiliser le plus grand nombre à la présence de phoques dans la région, et de les leurs montrer à la longue vue.
L’autre aspect de l’écovolontariat est la vie au gîte, qui fait partie intégrante de l’aventure, mais qui est impossible à décrire dans son ensemble. En effet, comment raconter les fous rire qui nous prennent fréquemment à table, l’ambiance agitée qui règne après les heures de terrain, ou encore les piques-niques organisés à la dernière minute sur la plage au coucher du soleil ?
L’écovolontariat à Picardie Nature représente bien plus que l’opportunité d’observer des phoques en milieu naturel, et de redécouvrir la baie chaque jour, c’est l’occasion de participer à la protection de la faune sauvage en vivant au sein d’un groupe soudé."

Samedi 13 juillet 2013 :
Romain, 18 ans, originaire d’un petit village de l’Orne : "Déjà deux semaines que je suis arrivé à PicNat’, le temps passe tellement vite quand on y repense, on ne voit pas les jours défiler... En Baie de Somme, la vie des éco-volontaires est rythmée par les marées, un rythme auquel on prend vite goût. Quel plaisir de redécouvrir tous les jours cette magnifique étendue de sable et d’eau à marée basse, façonnée par les éléments de la nature, l’eau, le vent.. Mais aussi de pouvoir observer tous les phoques qui l’habitent et d’œuvrer à leur protection et à la sensibilisation du public. Ajoutez à cela les joies de la vie en communauté avec tous les autres éco-volontaires, réunis tous ensemble le soir autour d’une grande table pour le dîner où l’ambiance y est chaleureuse et accueillante. On peut ainsi y partager tous les moments uniques de la journée mais aussi les petites mésaventures qui peuvent nous arriver durant la journée (vouloir traverser un endroit vaseux afin de gagner du temps et finalement se retrouver recouvert de vase...) L’éco-volontariat est ainsi une véritable aventure humaine au sein d’une grande famille qui est Picardie Nature.

Samedi 6 juillet 2013 :
Aurélie, 28 ans, originaire de Bourges. "La quatrième semaine de surveillance estivale a démarré par l’arrivée d’une dizaine de nouveaux écovolontaires. En effet, si nous fonctionnions jusque là en effectif réduit, il s’agit désormais d’être capable de déployer des équipes de protection dans toute la baie à l’approche de la pleine saison. Nous voyons déjà la différence au niveau de la fréquentation de l’estran dès que le soleil pointe son nez. Avec deux gîtes et une vingtaine de couverts au dîner, la vie en communauté prend une autre ampleur, ce qui ne change pourtant pas l’ambiance familiale qui règne depuis notre arrivée le 8 juin.
Et nous ne sommes pas les seuls à voir la famille s’agrandir ! Car cette semaine a aussi été le théâtre d’une multitude de nouvelles naissances dont certains d’entre nous ont pu être les témoins chanceux, mais aussi et malheureusement de l’échouage de cinq nouveaux jeunes phoques, Grenat, Ambre, Agathe, Onyx et Saphir, qui ont été séparés prématurément de leur mère, donnant beaucoup de travail aux soigneurs et aux écovolontaires du centre de sauvegarde.
Le terrain est toujours l’occasion de découvrir la richesse de la baie et ses multiples facettes, au gré des marées et des angles de vue que nous offrent le comptage, les animations pour les visiteurs et les missions de protection de la colonie. En fonction de l’ensoleillement et du vent, de son binôme et des rencontres avec les personnes fréquentant la baie, il n’est clairement jamais deux sorties identiques. Mon séjour en est déjà à la moitié mais je sais que j’ai encore beaucoup à apprendre et à voir de cet endroit magnifique.
Pour résumer, une quatrième semaine riche de nouvelles expériences et de belles séances de terrain sous le soleil, avec une équipe de choc !"

Samedi 29 juin 2013 :
Anatole, 22 ans, originaire de Brest. "Après 3 semaines d’écovolontariat à 6, les choses s’amplifient. Nous sommes maintenant au nombre de 16 dans le gite, sans compter les apparitions ponctuelles des anciens qui viennent nous porter compagnie de temps en temps. Petit à petit la vie de communauté s’organise et c’est plutôt cool ! Ça a commencé par le barbecue collectif et la fameuse blague des trois nains puis cela a continué avec le moment fatidique de choisir ses voisins de chambrée. Au final, tout le monde est content !
Du côté du terrain, les choses s’amplifient aussi. Les équipes sont présentes tout autour de la baie et il s’avère parfois beaucoup plus amusant d’observer les collègues plutôt que les phoques. Notamment lorsque certains pataugent dans la vase ou encore lorsque d’autres veulent remonter l’ancre du bateau en allant la chercher à la nage. Malgré ces distractions, on garde tout de même un œil sur les « petites » bêtes. Du coup, on arrive à observer quelques naissances et à protéger comme il se doit la colonie. Bien que ce soit parfois difficile du fait de la brume picarde ou lorsque les phoques se posent à proximité des promeneurs. Du côté des échouages, cela commence à s’intensifier. Et même si le Crotoy semblait attirer les nouveaux nés au départ, on doit maintenant aller les chercher aux quatre coins de la baie. Du coup, le centre de soin commence à être bien garni et les soigneurs sont bien occupés.
En bref, l’écovolontariat chez Picnat’ c’est super cool ! ça permet de faire de belles rencontres et aussi d’apprendre plein de choses."

Samedi 22 juin 2013 :
Cécile, 26 ans, originaire de Limoges. « Jour 1, sous un beau soleil de Picardie, nous rencontrons l’équipe qui ouvre l’écovolontariat de cette saison 2013. L’équipe est essentiellement composée de nanas car les bibis phoques c’est trop mignon !!! Encadrés par Laetitia nous recevons un max d’info sur les phoques de la Baie, la vie au gîte et la PICARDIE. D’après Laëtitia et Daniel (un participant régulier des actions phoques, administrateur à l’association), nous ne sommes pas au nord car il y a encore 2 départements au-dessus… J’ai quand même pris la direction du nord pour venir, mais je préfère ne pas insister. C’est également, d’après eux, le plus beau coin du monde. Je dois l’avouer le site est magnifique. Je ne connaissais pas avant de venir et je n’avais pas non plus regardé l’émission des racines et des ailes sur la Picardie… Même les jours de brume la baie nous offre un spectacle magnifique.
Allez hop c’est parti, je me retrouve avec un gilet bleu avec écrit dans le dos « protection des phoques ». J’explique aux gens comment regarder dans une longue vue les phoques qui se trouvent sur le reposoir d’en face. Pour ma première journée, me voici face à 176 phoques veaux marins et 68 phoques gris (pas mal pour un début !)
Jour 2, rencontre avec « Pierre-olivier », le coq du propriétaire du gîte que nous avons rebaptisé. Au fur et à mesure avec la fatigue qui s’accumule on n’entend plus son chant ou alors on s’y habitue je n’ai toujours pas répondu à cette question.
Chaque jour, je découvre les différents postes d’observation (Mollière, Hourdel, la réserve) j’apprends à délimiter les reposoirs ainsi qu’à différentier le comportement des phoques gris et des phoques veaux marins. Je suis même allée en Baie d’Authie pour observer un couple mère petit de phoque veau-marin. C’est la première naissance de la saison et surtout sur ce site. Il y avait seulement eu jusqu’ici une suspicion de naissance en 2008. Nous avons pu profiter de ce spectacle pendant plusieurs heures.
Cette deuxième semaine, les sorties bateau ont commencé : en un seul mot GENIAL. Le but est d’aller compter les phoques et faire de la photo-identification sur les différents reposoirs. Par la suite on s’échoue sur un banc de sable ce qui est très facile dans la baie et on attend que la marée remonte. Si un groupe de phoques risque d’être dérangé, on pousse le bateau et on part informer les personnes.
Bon il n’y a pas que les phoques en baie ! Avec plus de 300 espèces de piafs, il y a de quoi se faire plaisir ! Entre les spatules, les hérons, les aigrettes, les faucons, les tadornes, les huîtriers, les sternes, les mouettes, les goélands, les gravelots, les bécasseaux, les canards… On a visité le parc du Marquenterre, je le conseille aux néophytes !
Le temps a été de notre coté jusqu’à cette fin de deuxième semaine. On a donc pu faire pas mal de terrain ainsi avec la fatigue qui s’accumule les sujets de conversation ne volent pas très haut autour de la table… mais on rigole bien ! Quand il pleut ou que nous rentrons tôt, les jeux de cartes commencent. Certains écovolontaires se retrouvent avec des gages très amusants...
Vous l’aurez compris : je m’éclate en baie de Somme… ;) »

Samedi 16 juin 2013 :
Virgine, 32 ans, originaire d’Amiens nous fait part de son expérience : "Pour ma première mission d’écovolontariat, j’ai choisi de participer à la protection des phoques de la baie de Somme où j’aime venir me balader tout au long de l’année. Initialement affectée au centre de sauvegarde pour les soins aux phoques échoués, j’ai rejoins le groupe d’écovolontaires pour la surveillance estivale puisque aucun petit n’a encore été échoué en ce début de saison. L’appréhension à l’idée de me retrouver avec les autres écovolontaires que je ne connaissais absolument pas, s’est vite dissipée au cours de la formation dispensée par Laëtitia, sur la baie de Somme et les phoques, et a été remplacée par la joie de faire partie de cette équipe estivale dans laquelle la bonne humeur s’est rapidement instaurée.
Nous venons tous de régions et de milieux professionnels différents, et cette hétérogénéité nous a permis de nous connaître rapidement tout en nous enrichissant des expressions, des habitudes, des expériences et des connaissances de chacun.
Cette première semaine a été à la fois chargée et totalement atypique, par ses journées organisées par rapport aux horaires de marée basse, ce qui implique parfois d’être sur le terrain dès 6h30 et d’y retourner de 18h30 à 21h. Mais aussi par nos missions variées sur le terrain : qu’il s’agisse du comptage du nombre de phoques dans chacune des deux espèces présentes dans la baie, ou de la protection des phoques grâce à la sensibilisation et à nos interventions auprès des estivants, ou encore à la préparation du centre de soins pour l’accueil des phoques qui risquent de s’échouer cet été.
L’observation des phoques à la longue vue ou aux jumelles tout au long de la semaine était toujours différente du fait du roulement instauré sur les différents postes d’observation, du positionnement des phoques sur leurs reposoirs, et de la météo si fluctuante en baie qui donne l’impression d’un paysage toujours renouvelé.
A tout ceci, s’est ajouté la première naissance de la saison et bien sûr la surveillance de ce nouveau-né, qui m’a permis d’observer le lien émouvant entre la mère et son petit, les marques d’affection partagées entre eux sur le banc de sable mais aussi le stress ressenti lors de la marée montante et de la mise à l’eau du couple mère-petit face à la crainte de leur séparation.
Après une telle semaine, il m’a été difficile de repartir à mon quotidien. Mais heureusement la mission de recensement et de protection des phoques continue tout au long de l’année grâce aux bénévoles de Picardie Nature, et j’ai le plaisir d’être désormais l’une d’entre eux !

Mercredi 12 juin 2013 :
La surveillance estivale des phoques de la baie de Somme a débuté le samedi 8 juin. Huit écovolontaires sont arrivés à 9h30 au gîte loué à Saint-Valery-sur-Somme. Accueillis par Laëtitia, qui coordonne cette action, ils ont reçu une formation via un diaporama et des explications (programme d’étude et de protection des phoques, rôle des écovolontaires, délimitations et décret de la Réserve Naturelle, activités de pêche en baie de Somme...). Après une matinée chargée, trois d’entre eux ont animé un point d’observation au Hourdel, où ils ont montré les phoques et donné des explications à 227 personnes qui venaient découvrir la baie de Somme. Depuis, à tour de rôle, ils sont présents, à chaque marée basse, soit sur l’estran pour participer au suivi des effectifs de phoques et à la protection des zones de repos à marée basse ; soit ils animent des animations gratuites (points d’observation des phoques, sorties guidées, expositions et conférences). Tous les participants de cette action, sont reconnaissables sur le terrain grâce à leur "gilet bleu".

Pour en savoir plus : feuilletez le petit journal des écovolontaires

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