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Bilan du stage perfectionnement "étudier la détection ultra-sonore des chauves-souris"

Publié le 7 octobre 2011 par Sébastien Legris

Ce stage a été réalisé le week-end du 17-18 septembre 2011 dans le sud du Laonnois. Son objectif était de former de nouveaux naturalistes à l’étude des ultrasons, trop peu nombreux actuellement dans la région. 15 personnes, anciens stagiaires d’initiation ou faisant partie du réseau chiroptères, ont participé à ce stage. Ce dernier comprenait 3 étapes :
- une partie théorique, avec la projection d’un diaporama expliquant les caractéristiques des émissions ultrasonores chez les chauves-souris, et les moyens de les étudier sur le terrain et en salle ;
- une partie pratique, avec la prospection de cavités souterraines pour observer d’éventuels rassemblements d’individus, et la détection à l’entrée des sites en utilisant un détecteur à ultrasons (D240x) ;
- une partie analyse informatique, avec l’étude des sonogrammes grâce au logiciel "batsound".

La période étant propice à l’activité de "swarming", nous en avons profité pour vérifier si les sites prospectés étaient concernés par ce phénomène. Le swarming correspond à la période de rut chez les chauves-souris, où les individus se rassemblent pour s’accoupler, généralement en grand nombre et dans des sites bien précis. Actuellement, le phénomène est très peu connu en Picardie.

2 équipes de 7-8 observateurs ont permis de couvrir 3 sites souterrains sur Suzy, Saint-Gobain et Folembray. Les prospections des cavités, bien que non exhaustives, n’ont pas permis d’observer des individus en activité. En revanche, des traces de guano récentes et des restes de repas ont été vus sur un site, et plusieurs chauves-souris en léthargie étaient présentes sur 2 sites : 1 Petit Rhinolophe, 1 Grand Rhinolophe, 3 Murins à moustaches/brandt/alcathoe et 2 Murins de Daubenton.

Même si le nombre d’individus observés en léthargie reste anecdotique par rapport à celui observé en hiver, un sommeil aussi précoce est surprenant et s’expliquerait par les mauvaises conditions météorologiques du moins d’août et de ce début septembre. D’ordinaire les espèces précitées sont plutôt connues pour rentrer en sommeil hivernal fin-octobre/courant novembre.

La détection ultrasonore en soirée a été réalisée sur 2 sites, de 20h00 à 21h15. Elle n’a pu être prolongée dans la nuit en raison du vent et de la pluie continue, défavorable pour l’activité des chiroptères. Néanmoins, 25 contacts de chauves-souris ont été établis par site et ont permis de réaliser une vingtaine d’enregistrements.

L’analyse en salle des enregistrements, a montré que l’essentiel des contacts provenait de Pipistrelle commune avec de nombreux cris sociaux typiques. A ceci, s’ajoute les contacts de plusieurs Murins non déterminés avec certitude dont un pourrait concerner le Murin de Bechstein ou celui de Daubenton et un autre de l’Oreillard.

Au final, ce stage aura surtout répondu à l’objectif d’initier un certains nombre de naturalistes à la détection ultrasonore, mais aussi à la prospection de cavités souterraines. Les stagiaires ont ainsi pu se familiariser avec la manipulation du matériel (détecteur et enregistreur) et à l’utilisation du logiciel "batsound" pour analyser les sonogrammes. La plupart ce sont montrés très motivés pour poursuivre les activités menées au sein du réseau chiroptère de Picardie Nature.

Un grand merci aux bénévoles qui ont permis d’encadrer les groupes, Christina Samiez et Damien Ibanez, et à l’ensemble des participants.


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