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Bilan des connaissances faunistiques sur la Forêt d’Ourscamp-Carlepont après l’étude menée en 2014

Publié le 19 septembre 2014 par Mégane Loreau, Thomas Hermant

En 2014, Picardie Nature a décidé de proposer un stage d’étude accès sur la forêt. En effet, un manque de connaissances faunistiques a été constaté sur certains massifs de la région, notamment sur deux d’entre eux : les forêts domaniales de Retz et d’Ourscamp-Carlepont.
Cet article traite des inventaires menés sur la forêt d’Ourscamp-Carlepont. Un second article portant sur l’étude menée sur la forêt de Retz est également disponible sur le site.

Le massif d’Ourscamp-Carlepont se situe dans l’Oise et possède une superficie de 1574 ha. L’association a donc fait appel à deux stagiaires pour cette étude, Sébastien POIRET pour la période d’avril à juillet et moi-même de mai à août.
L’objectif de ce stage était à la fois de réaliser des inventaires sur le site, mais aussi de dynamiser les inventaires bénévoles sur le secteur.

De nombreux groupes faunistiques ont été recensés. Le battage et le fauchage de la végétation ont été utilisés régulièrement sur l’ensemble des chemins parcourus pour inventorier les Coccinelles et les Orthoptères. Pour les Odonates et les Lépidoptères, la recherche s’est faite à vue. Enfin, pour les autres groupes (insectes, mammifères, oiseaux, amphibiens…) de la chasse à vue et de l’écoute de chant, lorsqu’elle était possible, furent effectuées.

En ce qui concerne les résultats, l’intégralité des données a été compilée, c’est à dire les données des bénévoles, des stagiaires et des salariés de l’association ainsi que des structures partenaires de Picardie Nature. Au total, 331 espèces sont aujourd’hui connues sur le massif, contre 173 avant le début de l’étude en mars 2014, soit près du double. Chez les Coccinelles, 9 espèces ont été inventoriées, toutes pour la première fois en 2014. On retrouve par exemple la Coccinelle de l’épicéa (Aphidecta obliterata) et la Coccinelle à 22 points (Psyllobora viginguttata). La Coccinelle des fourmilières (Coccinella magnifica) a fait l’objet d’inventaires spécifiques mais, malgré le recensement de trois fourmilières en dôme, aucun individu de cette espèce n’a été recensé. Chez les Orthoptères, une seule journée d’inventaire particulière à ce groupe a été effectuée. 11 espèces ont été inventoriées dont 10 pour la première fois en 2014. Ce sont des espèces plutôt communes comme le Criquet des pâtures (Chorthippus parallelus), le Tétrix forestier (Tetrix undulata), etc.

Du côté des odonates, l’étang de Sempigny et une zone de mares en réseaux ont été régulièrement prospectés. Cela a permis de compléter les connaissances sur la zone et de passer de 18 espèces répertoriées avant l’étude à 27 aujourd’hui. Sont recensées parmi elles 4 espèces patrimoniales : 3 espèces rares, le Gomphe très commun (Gomphus vulgatissimus), le Leste fiancé (Lestes sponsa) et le Leste sauvage (Lestes barbarus) ainsi qu’une espèce très rare et en danger en Picardie, le Leste dryade (Lestes dryas).
Toujours en lien avec les zones humides, les amphibiens ont également fait partie des inventaires. Ceci a permis de recenser 8 espèces sur la forêt d’Ourscamp, dont la confirmation de la présence de deux stations à Rainette verte (Hyla arborea) et le recensement d’une nouvelle espèce sur le massif, le Triton alpestre (Ichtyosaura alpestris).

Pour en revenir aux insectes, chez les Rhopalocères, 22 espèces ont été recensées avec parmi elles 5 espèces remarquables dont par exemple le Petit sylvain (Limenitis camilla), rare en Picardie, et le Thécla du prunier (Satyrium pruni) très rare et vulnérable.

D’autres groupes faunistiques ont été observés chez les invertébrés, notamment les Cérambycidés avec la présence de la Rhagie sycophante (Rhagium sycophanta), mais encore certains hétérocères, hémiptères, arachnides, diptères et autres coléoptères.

Chez les Oiseaux, des données existaient déjà. Toutefois, 2 contacts de Pic noir (Dryocopus martius) et 4 de Pic mar (Dendrocopos medius), deux espèces à enjeux sur les massifs forestiers, ont pu être relevés malgré la période d’inventaire inadaptée à ces deux espèces. Du côté des mammifères,les données de Chevreuil européen domine les relevés. Des données de mortalité suite à des collisions avec des véhicules sur les routes principales de la forêt ont également été collectées. C’est le cas d’une Martre des pins (Martes martes) et celui de nombreux Ratons-laveurs (Procyon lotor).

Finalement, 18 espèces rares et/ou menacées sont aujourd’hui recensées sur le massif forestier d’Ourscamp-Carlepont, contre 13 avant l’étude. Nous tenons à remercier l’ensemble des bénévoles qui ont pris part aux différents suivis en 2014 et plus largement par le passé. À présent, l’objectif est de continuer ce travail d’acquisition de connaissances, c’est pourquoi Picardie Nature invite ses bénévoles à continuer à réaliser un maximum d’inventaires sur la forêt d’Ourscamp-Carlepont.


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