Protection des busards

A l’attention des agriculteurs : C’est l’heure des moissons, protégeons les busards !

Publié le 18 juillet 2014 par Hélène Varlet

Chaque année, au moment de la moisson, agriculteurs et naturalistes se trouvent confrontés au même problème : que faire des espèces animales protégées par la loi qui vivent dans les champs (et notamment des poussins qui ne volent pas encore) et risquent de se faire hacher menu ? Les busards font partie de ces espèces.


Femelle de Busard (Photo de C Rousseau)

Contrairement aux autres rapaces qui nichent dans les falaises ou les arbres, les busards, qu’il soient « cendrés » (des migrateurs qui reviennent d’Afrique fin Avril), ou « Saint-Martin », font leur nid à même le sol. En conséquence de la disparition de leur milieu naturel, les steppes herbeuses et marécageuses, ils ont trouvé dans les champs cultivés un milieu de substitution.

Les femelles pondent trois ou quatre œufs dans une simple coupe d’herbes sèches. Les poussins naissent courant Juin pour s’envoler courant Juillet. Incapables de s’envoler lors du passage des machines, les poussins se font happer par les moissonneuses-batteuses, souvent à l’insu des agriculteurs.


Jeunes Busards cendrés (Photo de H Varlet)

C’est pourquoi, partout en France, des actions sont menées par les associations de protection de la nature avec les agriculteurs pour la protection des busards. En Picardie, l’association Picardie Nature avec l’aide de bénévoles intervient pour protéger les nichées de la destruction. Ces bénévoles vont, dans le respect des cultures et des propriétés, assurer un repérage de nids, et prendre en accord et en collaboration avec les agriculteurs, les dispositions nécessaires à leur sauvegarde.


En protégeant les busards, c’est aussi les récoltes que l’on protège.

Ces rapaces sont en effet de grands destructeurs de campagnols. Un couple et leurs jeunes peuvent en consommer plus d’un millier à chaque saison. Contrairement aux idées reçus, les trois quarts du régime alimentaire du Busard Saint Martin est constitué de campagnols, bien qu’il ne dédaigne pas à l’occasion d’insectes, de jeunes lapins, de passereaux et batraciens. Avec quelques 13 000 couples, la France héberge près de la moitié de la population européenne de busards, les deux espèces confondues. La Picardie en compte près de 300. Un patrimoine qu’il serait dommage de laisser disparaître, afin que la plaine agricole reste synonyme de vie.

Que faire si vous trouvez un nid de busards au cours des moissons ?


Jeunes Saint-Martin (Photo de H Varlet)

Un grand oiseau brun s’envole à quelques mètres devant la moissonneuse ? Cela signale à coup sûr la présence d’un nid de busard. Dans l’urgence et pour ne pas bloquer votre travail :

> Si le nid est découvert à proximité immédiate d’une friche ou d’une parcelle de haute végétation non moissonnée, y déplacer les jeunes avec le nid (à 20 mètres maximum).

> On peut aussi, après avoir enlevé les poussins du nid, passer la moissonneuse, la barre de coupe relevée, de façon à ne récolter que le grain, la paille restant sur pied, et replacer aussitôt après le nid provisoirement.

Ensuite, dans tous les cas, appeler dès que possible Picardie Nature au 03 62 72 22 50 ou au 06 78 10 93 46  : une équipe de bénévoles pourra intervenir afin que la protection des busards ne perturbe pas votre travail, pour faire un suivi de la nichée et répondre à vos questions.


Mots clés : Rapaces Partager : http://l.picnat.fr/NjA2MTAw

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