La "Surveillance estivale"

Le journal des écovolontaires 2014

Publié le 1er septembre 2014 par Laëtitia DUPUIS

Voilà la saison 2014 terminée. Merci à tous les participants à cet écovolontariat.

Samedi 30 août
Morgane, 25 ans, originaire de la Haute-Vienne.
"En m’engageant avec Pic Nat’, j’étais loin de me douter que j’allais en apprendre autant ! 7 semaines d’ écovolontariat, de la baie de Somme à la baie d’Authie où j’ai pu voir des paysages qui sont magnifiques. Du levé au couché de soleil, ces paysages vous dévoilent tous leurs charmes et leurs couleurs si on sait profiter de ce qui nous entoure.
En tant qu’écovolontaire, j’ai pu participer au suivi et la protection des phoques. Tous les jours on change de binôme et de terrain. Le rythme est assez changeant, on ne fait jamais les mêmes horaires, du coup on n’a pas le temps de se lasser !
J’ai adoré mon écovolontariat, ça m’a permis de découvrir un milieu, un environnement avec toute la richesse de sa faune et de sa flore. La vie en collectivité est tout aussi instructive et formatrice, on fait de belles rencontres et on apprend à vivre ensemble.
Chaque jour est un nouveau défi : protéger les reposoirs des phoques ! Que ce soit sur terre ou sur mer, on se sent 100% investi dans cette mission !
A tous les amoureux de la nature et des animaux, ne passez pas à côté de cette belle expérience !"

Samedi 2 août
Anne, 20 ans, originaire de la Bretagne.
"Ça y est, je suis de retour à la surveillance estivale. Déjà présente l’année dernière, je suis revenue cette année pour 6 semaines. Dès qu’on arrive, on revoit des visages familiers des années précédentes mais on fait aussi plein de nouvelles rencontres. La vie au gîte, quant à elle n’a pas changé : toujours en mouvement. On ne s’ennuie jamais ! Enfin, on fait notre premier terrain de la saison et on revoit les phoques, la baie et son ambiance. A chaque terrain son lot de surprises et de découvertes. Même les trajets dans ma voiture (surnommée le « bus magique ») se font dans la bonne humeur, surtout quand ce sont les trois équipes qui vont au nord de la baie et qu’il est 6h du matin ! Quant au bateau, que dire ? on passe 8h devant des phoques avec leurs petits, on peut ainsi observer parfaitement leurs réactions, et en particulier les moments où les petits tètent et que nous, derrière notre longue-vue, on affiche un sourire béat malgré le fait qu’on ait vu cette scène une dizaine de fois. Des moments uniques sur « pépette » (le surnom du bateau) où l’on rentre toujours humide mais souriant. Parfois les terrains sont difficiles à cause du vent et du froid, mais on ne regrette jamais d’y être allé. D’ailleurs, le plus souvent, ce sont de ces terrains que l’on reparle le plus ! Le moment le plus difficile est sans hésitation le moment du départ. Il me reste une semaine mais je relativise et me dis que l’année prochaine, je serai de retour !!"

Samedi 26 juillet
Émeline, 20 ans, originaire du Cher.
" J’ai eu l’occasion de connaître Picardie Nature et leurs actions par l’intermédiaire d’une camarade de fac, Anne. Elle avait participé à l’écovolontariat l’année dernière et après avoir parlé avec elle, il était évident pour moi de postuler. Me voilà donc pour ma première année. J’ai eu quelques appréhensions en arrivant dans le gîte, où nous étions 16 et où une majorité se connaissait déjà. Je me suis vite rendue compte que tout le monde s’intègre très vite et au final on se sent comme dans une grande famille. On rencontre des personnes de toute provenance et de tout âge avec lesquelles on peut débuter de belles amitiés.
Les occupations hors des terrains sont variées : musique, jeux de société, jeux de cartes... Mais il ne faut malgré tout ne pas oublier de se partager les tâches ménagères car à 16, la vaisselle et la poussière s’accumulent très vite !
Concernant notre mission, nous avons plusieurs types de terrains : ceux qui concernent plutôt l’animation et la sensibilisation du public où on peut rencontrer des personnes curieuses et intéressées par les phoques. Ceux qui sont plutôt destinés au comptage des deux espèces présentes, le phoque veau marin et le phoque gris. Même sur ce genre de terrain, il est parfois nécessaire de courir partout pour intercepter des personnes qui pourraient créer des dérangements. On a aussi les équipes maritimes à bord de Pépette (surnom du bateau de l’asso qui se nomme en vrai Halichoerus, phoque gris en latin ! ), ou d’un kayak biplace, qui alternent entre comptage et sensibilisation.
Pour chaque terrain, des binômes sont formés et ces derniers varient chaque jour.
Si je devais faire un bilan assez court de cette expérience, je dirais juste que c’est une occasion à ne pas rater, qui est unique. Donc si vous en avez l’opportunité : FONCEZ !

Samedi 19 juillet
Aurélie, 29 ans, originaire du Cher.
"Retrouver la baie après un an d’absence. Les lumières qui descendent sur la mer à la faveur d’un temps clément.
Contempler à toute heure l’estran qui s’étale sous nos yeux jusqu’à ce qui pourrait paraître un infini.
Compter les silhouettes nonchalantes paresseusement amassées sur les berges sableuses.
S’émerveiller devant le miracle d’une vie qui s’épanouit à la fois au centre de notre monde et tellement hors de ce dernier.
Subir la fraîcheur des brises, le soleil impassible, parfois la colère du ciel.
Rentrer au gîte, éreinté mais satisfait, pour partager un repas commun et le récit d’une journée sur le terrain.
Chanter un peu sur un air de guitare et d’harmonica.
Rire aussi. Beaucoup.
Dormir.
Et... Recommencer."

Samedi 19 juillet
Aurélie, 29 ans, originaire du Var
"La semaine que j’ai passée en tant que bénévole à l’annexe Phoques du centre de sauvegarde de Picardie Nature a été très enrichissante. J’ai appris beaucoup de choses sur les phoques et le soin animalier en général. Nous étions deux écovolontaires à venir aider les soigneurs à s’occuper des bébés phoques. Camille et moi nous sommes installées dans les locaux qui jouxtent le centre. Les journées sont divisées en deux : il y a une équipe du matin (6h30-13h30) et une équipe du soir (14h-22h) chacune composée d’un soigneur animalier et d’un écovolontaire. J’étais du matin. La journée commence par la préparation de la nourriture. Quand je suis arrivée, le centre accueillait 10 jeunes pensionnaires à des stades plus ou moins avancés. Certains arrivaient déjà à se nourrir seuls alors que d’autres, trop jeunes, ne pouvaient avaler que de la bouillie de poissons. Le matin, nous préparions donc les rations pour chaque phoque. Celle-ci change chaque jour en fonction de l’âge et du poids de l’animal. Nous préparions aussi les bouillies de poissons en mixant du poisson avec une solution hydratante. Parfois, certains phoques prenaient également un traitement contre la diarrhée afin qu’ils supportent mieux cette alimentation qui diffère beaucoup du lait de leur mère qu’ils boivent logiquement à cet âge.
Lorsque les rations étaient prêtes, nous allions nous changer dans le sas pour revêtir nos vêtements de travail : pantalon et chemise verte, chaussettes en plastique bleu et sabots. Comme dans un hôpital. Les règles et protocoles d’hygiène sont ici très stricts et c’est tant mieux. Nous rejoignions ensuite les quarantaines où sont les phoques. Chacun dispose d’un box avec une lumière chauffante au-dessus de sa tête et d’une baignoire pour le bain et le nourrissage. Généralement, nous commencions par les plus jeunes, Léna et Minho. Avant de nous occuper d’un phoque, nous mettions charlotte, masque et gants. Le soigneur revêt en plus une combinaison sanitaire blanche avant d’entrer dans le box. Cela évite tout risque de contamination entre les phoques mais également aux soigneurs si ceux-ci sont porteur d’une maladie. Le soigneur commence par prendre la température du phoque. A ce moment-là, j’étais chargée de préparer le thermomètre. Lors des nourrissages à la bouillie, les phoques étaient intubés. Je devais alors m’assurer qu’aucune bulle ne se forme dans le tube et verser régulièrement la bouillie dans l’entonnoir. Les phoques plus âgés criaient de faim avec impatience. Ils étaient nourris directement au poisson, dans leur baignoire pour qu’ils comprennent que la nourriture se trouve dans l’eau, mais certains avait encore besoin d’aide pour les attraper. Le soigneur leur donne alors les poissons à la main. Le but étant qu’ils finissent par se nourrir seuls, sans trop s’être habitués à l’homme. C’est pourquoi nous évitons toute présence, contacts et discutions superflus dans les quarantaines.
Une fois la première tournée de nourrissage terminée, les phoques se calmaient et se mettaient se téter. Certains se tétaient entre eux, d’autres se tétaient le flan mais la plus mignonne c’est Léna qui se tétait la patte comme un vrai bébé. Pendant ce temps, nous nous attaquions au nettoyage des boxes. Les uns après les autres, nous mettions les phoques dans leur bain pour nettoyer leur quarantaine équipées de nos combinaisons intégrales blanches. Le nettoyage terminé, nous nettoyons toutes les gamelles et instruments avant de préparer la 2ème tournée de nourrissage. Nous finissons notre journée par le nettoyage des sols et des serviettes avant de laisser notre place à l’équipe de l’après-midi. La semaine est intense mais passe trop vite et il est difficile partir. Je quitte l’équipe de soigneurs et les petits phoques avec nostalgie en espérant les revoir lors du relâché."

Aurélie a également parlé de son expérience à travers son blog 1 mois, 1 espèce

Samedi 12 juillet
Lola, 22ans, originaire des Bouches-du-Rhône.
"Cette année était ma deuxième session au sein de Picardie Nature. Je suis remontée là-bas pour retrouver la fraîcheur, les paysages de la baie à marée basse, les cris des mouettes mais aussi les terrains du Nord. Ce manque a été comblé directement par ces deux semaines d’écovolontariat début juillet. S’il y a bien un endroit et une raison valable pour laquelle je dois mettre le réveil à 5h45 c’est pour aller observer les phoques, en baie, émergés sur les différents reposoirs ! En plus de ça, c’était la période de mise bas des phoques "phoca vitulina vitulina", donc se lever tôt pour voir des couples mère-petit n’a pas de prix. 
Concernant l’ambiance au gîte, j’ai retrouvé des personnes que j’avais vu l’année dernière et j’ai fait de nouvelles rencontres aussi. La majorité du temps, le soir après les terrains on se réunissait pour faire le point de la journée, puis les équipes ayant fini le plus tôt préparaient le repas pour celles qui finissaient le plus tard afin qu’on puisse tous manger ensemble, discuter et rigoler. Une fois la vaisselle faite, certains faisaient de la guitare, d’autres jouaient à "Jungle Speed" ou encore regardaient des photos des mammifères marins que l’association étudie et protège. Sur le terrain on apprend à connaître les autres écovolontaires, avec le temps les amitiés se nouent et malgré le fait que l’on n’habite pas à côté, on reste toujours en contact ! Que ce soit sur le terrain ou au gîte l’ambiance est toujours au rendez vous, et c’est grâce à cet écovolontariat que j’ai pu rencontrer des personnes très intéressantes.
Mes deux semaines sont passées tellement vite, que je n’ai qu’une hâte : y retourner l’année prochaine pour à nouveau compter les phoques et les protéger, ainsi que dialoguer avec les locaux et les touristes de tout horizon."

Samedi 12 juillet
Fauve, 21 ans, originaire de la Drôme.
"Après deux semaines de surveillance dans la baie, j’ai commencé le centre de soin le samedi 5 juillet ! On est très vite mis dans le bain, avec 8 petits phoques, pas le temps de lambiner. Clémentine, la soigneur, m’explique tout et on prépare les bouillies de poissons avant de filer en quarantaine pour s’occuper des animaux. Là-bas encore il faut tout de suite comprendre ce qu’on attend de nous pour aider au mieux les soigneurs, mais très vite les habitudes se prennent et les gestes deviennent automatiques. Après les soins, on s’attelle à la vaisselle et à la préparation de repas suivant. Tout s’enchaîne très vite. Puis dans l’après midi, un autre petit est arrivé, il s’agit de Minho, me voilà donc partie pour ma première nuit de soins ! C’était une longue et intense première journée mais au moins j’étais préparée pour la semaine ! D’ailleurs le lendemain s’est passée de la même façon avec l’arrivée de Léna, le "mini phoque" du centre ! Pas le temps de souffler, les phoques n’attendent pas ! Les jours suivants se sont passés plus calmement puisqu’il n’y a pas eu d’arrivée de petits, mais le rythme reste quand même soutenu. Entre la préparation des repas, les soins, les imprévus et le nettoyage, on ne pense plus qu’aux phoques qui sont très présents puisqu’à défaut de les voir tout le temps, on les entend !
C’était une merveilleuse semaine durant laquelle j’ai pu les voir évoluer notamment ceux qui ont commencé à manger du poisson et à profiter de leur baignoire. Impossible de ne pas s’attacher quand on peut les voir tous les jours.. A peine on commence à les connaître et à apprendre comment chacun réagit que la semaine est déjà finie ! Il faut en profiter à fond, c’est une super expérience !"

Samedi 5 juillet
Marie, 27 ans, originaire de Paris,
"2014, de retour à Picardie Nature pour la surveillance estivale des phoques de la baie de Somme pour une deuxième saison ! Le début du mois de juillet est la période des naissances pour les phoques veaux marins. C’est à ce moment-là que nous devons redoubler de vigilance pour la protection de ces derniers. Sensibiliser le public, souvent des vacanciers venant pour la première fois en baie de Somme, fait partie de nos priorités. L’ambiance entre les écovolontaires est super chouette, surtout lorsque l’on retrouve ceux de la saison précédente, c’est comme si nous n’étions jamais partis d’ici ! Il me reste encore deux semaines à profiter de cet environnement qu’est la baie, sur les trois prévues... "

Samedi 28 juin
Rémi, 20 ans, originaire de Haute-Savoie
"La Picardie ? Pour moi une région de France ignorée à l’autre bout de la France. La baie de Somme ? Un paysage nouveau pour le montagnard que je suis. La surveillance estivale des phoques ? Une idée apparemment saugrenue mais qui s’impose d’elle même à un passionné de la faune sauvage. En bref après près de 11h00 de route et des crampes aux bras me voilà en Baie de Somme pour un mois d’écovolontariat auprès de la prestigieuse et renommée promotion 2014. Des journées rythmées par les marées, allant du comptage à l’animation, de la prévention à l’étude des populations. Mais aussi des journées marquées par le calme, cette ambiance semi-désertique, parfois presque lunaire où seul le vent semble avoir sa place. Et pourtant, en tendant l’oreille des sons se détachent de ce bourdonnement incessant. Les phoques gris ne sont pas muets et tiennent à le faire savoir, « La complainte du phoque » prend tout son sens ici.
Décor planté, bottes chaussées, rien n’arrête les « gilets bleus » de la baie de Somme. Il faut dire que l’équipe est plus qu’un facteur de motivation, c’est le moteur de Picardie Nature. Une vie en communauté qui apporte son lot de nouvelles rencontres, de fous rires et d’échanges avec ces personnes venues de tous les horizons pour s’investir dans la protection des phoques, une expérience humaine avant tout.
Une expérience à renouveler donc, mais surtout à partager. Si le cœur vous en dit, rejoignez l’équipe 2015, il se pourrait bien qu’on s’y retrouve !"

Samedi 21 juin
Aurore, 21 ans, originaire de Savoie.
"Quelle est la meilleure façon de profiter de ce joli mois de Juin 2014, entre partiels et job d’été ? Aller compter les phoques en Baie de Somme n’est pas forcément une idée qui viendrait spontanément à l’esprit... Et pourtant !
Il faut dire que l’expérience, bien qu’incongrue, s’avère être à la fois passionnante et terriblement enrichissante. Les séances de terrain se font au gré des marées : lorsque les bancs de sable sont dégagés, les écovolontaires sont répartis en binômes dans toute la baie. Leurs missions, s’ils l’acceptent... compter, surveiller, protéger, sensibiliser. Et rien n’est impossible pour Picardie Nature et ses « Gilets Bleus » quand il s’agit de protéger les Pv et les Hg (Phoca vitulina : phoque veau marin ; et Halichoerus grypus : phoque gris dans le jargon « écovolontarien ») !
Mais participer à la surveillance estivale, c’est aussi la vie en communauté, des rencontres et des fous rires inoubliables. Une ambiance colonie de vacances pour s’investir dans la protection de la nature, que demander de plus ? D’y retourner bien sûr ! Et vous, vous faites quoi l’été prochain ?"

Mardi 10 juin
La surveillance estivale des phoques de la baie de Somme a débuté le samedi 7 juin. Quatre écovolontaires et deux stagiaires sont arrivés tôt le matin, ils ont emménagé au gîte et suivi une formation via un diaporama et des explications (actions du programme d’étude et de protection des phoques, rôle des écovolontaires, délimitations et décret de la Réserve Naturelle, activités de pêche en baie de Somme...). Après une matinée chargée, ils ont découvert la baie de Somme et les divers "terrains" mis en place. Chaque jour ils vont tourner sur les "terrains protection" (équipes terrestre et maritime) et les "animations" (points d’observation, exposition...). Les participants sont là pour un minimum de deux semaines. Chaque samedi, la moitié des effectif est renouvelée ! une soixantaine de bénévoles participeront à cette surveillance estivale qui se tiendra jusqu’au 30 août. Dès le 28 juin, les équipes seront constituées de 16 personnes. A compter du 12 juillet, 2 écovolontaires seront présents du Berck-sur-mer. Tous les participants de cette action, sont reconnaissables sur le terrain grâce à leur "gilet bleu".

Le centre de sauvegarde de la faune sauvage de Picardie Nature accueille depuis 3 juin ses premiers jeunes phoques prématurément séparés de leur mère pour la saison. Les soins quotidiens sont apportés par un binôme salarié soigneur / écovolontaire aide-soigneur. Les écovolontaires se relaient chaque semaine pour assurer une présence de 2 aides-soigneurs par jour.


Mots clés : Phoques Partager : http://l.picnat.fr/mnh

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